Economie d’énergie : Faut-il baisser ou arrêter son chauffage la nuit ?

Publié le par Guillaume Bort dans Economies d'énergie

1 Français sur 5 en situation de précarité énergétique

Dans un contexte où les factures énergétiques sont de plus en plus élevées, les Français tentent de trouver des solutions pour faire des économies d’énergie notamment sur leur chauffage, en baissant la température la nuit par exemple. Mais quelles sont les répercussions concrètes sur la consommation d’énergie ? Est-ce vraiment utile ?

Economiser sur sa facture d’énergie : chauffer utile

Pour économiser au mieux l’énergie de votre domicile, il faut savoir que toutes les pièces n’ont pas besoin d’être chauffées à la même température. En effet, une température de 19°C est suffisante dans les pièces à vivre, comme la salle à manger ou le salon, alors que les pièces moins fréquentées comme la salle de bain ou encore la chambre peuvent être réglées 2°C en dessous, c’est-à-dire à 17°C optimalement.

De plus, le chauffage peut être baissé ou éteint pendant la nuit, ce qui permet de faire des économies d’énergie, et diminuer la facture de chauffage.

Robinet de purge d'un radiateur

Il faut savoir que 1°C de plus ajouté au thermostat coûte 7% supplémentaire, impact non négligeable sur la facture énergétique. Rappelons que surchauffer n’est pas non plus très bon pour la santé : trop de chaleur aura tendance à assécher l’air.

Faut-il diminuer le chauffage pendant la nuit ou l’arrêter ?

Pour faire des économies d’énergie, vous pouvez éteindre votre chauffage pendant la nuit. En effet, le corps se réchauffe naturellement pendant le sommeil sous les couvertures. Il est aussi conseillé de baisser la température dans toutes les autres pièces la nuit, car inoccupées pendant les heures de sommeil.

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Cependant, un élément est à prendre en compte : l’inertie thermique. Un logement avec une bonne inertie thermique et une bonne isolation extérieure gardera plus facilement la température intérieure et limitera les effets du froid extérieur. Dans cette configuration, éteindre son chauffage est envisageable. En effet, lorsqu’un bâtiment a une forte inertie, il accumule la chaleur définie dans la journée et la restitue pendant plusieurs heures dans les pièces de la maison, même avec un système de chauffage éteint. Lorsqu’un bâtiment est isolé de l’intérieur, son effet contre le froid extérieur est moins impactant.

Néanmoins, si vous éteignez votre chauffage ou le diminuez la nuit, l’économie d’énergie sera faible si votre logement est bien isolé et que l’inertie est forte, contrairement à un logement moins bien isolé.

Programmez une augmentation du chauffage 2 heures avant le réveil

Pour vous réveiller avec une douce température ambiante dans les pièces, vous pouvez programmer d’augmenter la température de votre chaudière ou un redémarrage environ 2 heures avant de vous réveiller. Cette marge définit le temps pour les murs de se réadapter à la température que vous programmez afin de vous réveiller dans le meilleur confort. La vitesse à laquelle votre habitation va se réchauffer dépend de nombreux facteurs : taille des pièces, efficacité du système de chauffage, qualité de l’isolation et nature de vos murs.

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Commentaires
Stéphane Rosi

Merci pour cet article qui rétablit une vérité difficile à faire entendre.

Je pense avoir une piste pour creuser la réflexion sur le temps nécessaire pour permettre le retour à la température souhaitée.

J’ai moi-même été confronté à la question, et devant l’insistance des chauffagistes à maintenir qu’il faut une température minimum afin de ne pas avoir à trop consommer, je me suis dis que leur expérience devait bien s’expliquer, alors j’ai creusé le sujet et voilà ce que j’ai compris…

Il y a en fait 2 vérités :

1) Pour une température intérieure donnée (disons Tint=20°C), couper le chauffage complètement puis le rallumer, consomme moins qu’abaisser la température (à 16° par exemple), qui consomme évidemment moins que de le laisser allumer. Cela quelque soit la température extérieure ou l’isolation du bâtiment.

2) Pour qu’une personne se sente à une température de confort (disons Tconf = 19°C), cela dépend de la température des murs et parois (Tmur = 18°C par exemple). Le calcul simplifié dit qu’il faut : Tconf = (Tmur + Tint) / 2, ce qui implique dans notre cas Tint = 20°C

En prenant en compte ces 2 vérités, j’imagine qu’il existe des cas on l’on peut arriver à la conclusion souvent entendue : « sur des courtes absences, il vaut mieux garder une température minimum que de ne pas chauffer du tout ».

Par exemple, si les coupures de chauffage sont tellement fréquentes et le bâtiment si mal isolé que la température des murs (Tmur) ne parvient jamais à se réchauffer suffisamment, et oblige à atteindre une température intérieure (Tint) exagérément élevée pour obtenir une température de confort (Tconf) satisfaisante, si bien que l’économie de la coupure est annulée par la « surconsommation » (au sens vrai du terme, à savoir Tint plus élevée).

Maintenant, il faudrait faire les calculs, car ce cas n’arrive peut-être jamais (ou tout le temps !)…

Qu’en pensez-vous ?

Francois T.

Bonjour Stéphane et merci pour votre contribution. Il est en effet difficile de trouver le juste équilibre tant les installations et l’isolement peuvent être différents selon les configurations. Pour trouver l’optimum, il faudrait faire des tests dans l’habitation, définir une température de confort et calculer la dépense d’énergie nécessaire dans les deux situations puis de retenir la plus économe.


Merle

Les économies d’énergie obtenues en baissant la température la nuit ou le W.E. sont incontestables, encore faut-il pouvoir, d’une façon simple les évaluer et pouvoir mettre en place un système ne diminuant pas le confort.
Dans une baisse de telmpérature il y a 3 phases de durée variable:
La baisse, elle est fonction de son importance
et de sa durée
période « froide »
La remontée, qui est fonction de la perte de chaleur et de la puissance du chauffage ( chaudière et diffuseurs)
Concernant l’énergie , ce qui est perdu en baisse devra etre repris en remontée, ce n’est que sur la phase  » froide qui permet les économies.
Je crois qu’il faut se contenter de maitriser ces 3 éléments pour définir sa méthode.
On constatera que, l’inertie est un avantage, une certaine surpuissance des appareils aussi.
Dans un cas moyen (20W/m3/jour/degré)une consigne de baisse de 20° à 18° durant 8h permet d’économiser environs 5% de sa facture.

Francois T.

Merci pour votre contribution.


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