Prix du gaz : faut-il s’attendre à une hausse cet hiver ?

Publié le par Francois T. dans Actualité pétrole

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Volatilité des échanges sur les marchés des hydrocarbures, demande mondiale, chute des cours, taxes : difficile d’y voir clair dans les prix du gaz de ville. FioulReduc.com vous donne quelques pistes pour savoir si le gaz va flamber cet hiver… ou pas.

La facture énergétique des Français est devenue un sujet de préoccupation majeure. Avec de fortes hausses au cours des dernières années, la note d’électricité et de gaz/fioul domestique fait parfois l’objet de savants calculs et de prévisions de la part du consommateur, qui cherche à préserver au maximum son portefeuille. Qu’en sera-t-il pour le gaz de ville durant l’hiver 2015-2016 ? Nous avons listé les arguments laissant présager d’une baisse des prix du gaz, et ceux qui laissent penser que les prix pourraient au contraire augmenter cet hiver.

Notre avis : un prix du gaz plus volatil dans les prochains mois

Prix du gaz : l’année 2015 est jusqu’ici baissière. La baisse traduit la chute des prix du pétrole et du gaz sur les marchés de gros. Avec l’arrivée de l’hiver, des hausses ne sont toutefois pas à exclure, comme cela avait été le cas l’an passé. Surtout, les prix du gaz devraient être de plus en plus volatils, en raison de l’accroissement, dans la formule tarifaire régissant les évolutions des prix du gaz, de la part indexée sur l’évolution des prix sur les marchés. La Commission de régulation de l’énergie a souligné ce risque dès le mois de juin. Enfin, des hausses de taxes sont à attendre dès le 1er janvier prochain.

Notre conseil dans ce contexte : comparer les prix du gaz sur Selectra et faire jouer la concurrence. D’un fournisseur à l’autre, la différence, sur le budget annuel, peut atteindre plusieurs centaines d’euros. Des offres à prix fixes et uniquement révisables à la baisse se sont par ailleurs développées ; elles séduisent de plus en plus de Français voulant stabiliser le prix leurs factures.

Les arguments plaidant pour une baisse

Plusieurs mois de baisse depuis janvier

Depuis janvier 2015, les tarifs réglementés du gaz, fixés par l’État et commercialisés par Engie (ex GDF-Suez), ont connu une réduction sensible. Entre janvier et septembre, ils ont baissé de 7 %. Les tarifs réglementés n’ont connu que deux mensualités de hausse en 2015 : en janvier, en raison de la hausse des taxes pesant sur le gaz de ville, et en septembre, en répercussion d’une augmentation des prix sur les marchés d’approvisionnement en gros. Les prix de l’offre phare du fournisseur Engie évoluent en effet jusqu’à une fois par mois, en fonction d’une “formule tarifaire”, afin de traduire au mieux l’évolution des coûts d’approvisionnement supportés par le fournisseur. Avant d’entrer en application, la CRE vérifie que le barème proposé est bien conforme à la formule tarifaire. Le Premier ministre dispose d’un droit de veto dont il n’a à ce jour jamais fait usage.

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Graphique sur l’évolution des tarifs réglementés du gaz depuis le 01/01/2015

Traditionnellement, les prix du gaz, comme les prix du fioul ont tendance à remonter à l’approche de l’hiver, au début de la saison de chauffe. Sauf que la presse a divulgué début septembre 2015 l’évolution prévue par la CRE pour octobre : le gaz baissera de 1,5%, dans une période habituellement plus propice à la hausse. La CRE a depuis confirmé que les prix du gaz devraient baisser en octobre. Cette inclination a des chances sérieuses de durer.

A noter

Dans le secteur français du gaz, une partie des offres concurrentes des tarifs réglementés est indexée sur les tarifs réglementés hors taxes. Les prix de certaines offres des fournisseurs alternatifs comme Direct Energie ou Eni baissent ainsi lorsque ceux d’Engie, l’opérateur historique, reculent. Depuis le début de l’année, les consommateurs de gaz ont donc souvent été avantagés par la conjoncture actuelle, quel que soit leur fournisseur. D’autres offres comportent un prix fixe et le client est donc perdant en cas de baisse des prix du gaz. Enfin, pour pallier cet inconvénient, des offres susceptibles de n’évoluer qu’à la baisse ont fait leur apparition.

Tous les hydrocarbures à la baisse

C’est une tendance forte depuis deux ans : le prix des hydrocarbures et des matières premières connaît des chutes spectaculaires. Entre juillet 2014 et mars 2015, le cours du baril de pétrole a dévissé, passant de plus de 100 dollars US à moins de 50. Les prix du gaz, partiellement indexés sur ceux du pétrole, avaient suivi, se divisant de moitié entre novembre 2014 et février 2015.

Depuis juillet 2015, le baril de pétrole a de nouveau chuté, perdant 30 % de sa valeur. Le prix du gaz est donc naturellement orienté à la baisse. Le contexte économique actuel incite à croire que la chute des prix du pétrole va se poursuivre jusqu’en 2016 et au-delà, entraînant le gaz vers des tarifs de plus en plus attractifs.

Une offre importante et une demande moins forte

L’une des explications de cette tendance baissière réside dans le renforcement de l’offre sur le marché des hydrocarbures. Considérées depuis un quart de siècle comme des denrées en raréfaction, gaz et pétrole ont fait l’objet de découvertes importantes en gisement au cours des dernières années. Les réserves en gaz de schiste sont venues s’ajouter au stock d’hydrocarbures exploitables, relâchant la pression sur les prix.

Le secteur des hydrocarbures va assister à la naissance d’un géant, prêt à dévorer les parts de marché avec de tarifs réduits : l’Iran. Le pays a conclu le 14 juillet 2015 un accord limitant ses recherches sur le nucléaire militaire, en échange de la levée des sanctions économiques qui le frappait depuis 35 ans. Possédant les plus grandes réserves de gaz naturel au monde, la République islamique compte bien exporter sa production dès janvier 2016 vers l’Europe, très dépendante de la Russie jusqu’à maintenant. Une concurrence qui pourrait engendrer une bataille commerciale féroce et une jolie baisse des prix pour le consommateur européen.

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Enfin, la situation économique très morose en Europe et en Chine a réduit les demandes en hydrocarbures. Les conséquences ont été immédiates pour le cours du pétrole, qui s’est effondré. En attendant celui du gaz ?

Les arguments laissant suggérer des hausses cet hiver

La hausse traditionnelle du début d’hiver

À l’orée de l’hiver, le prix du kilowatt-heure de gaz connaît souvent un regain dû à l’approche de la saison de chauffe. Un phénomène très sensible en 2014 : les tarifs réglementés avaient augmenté de 3,9% en octobre 2014 et 2,3% le mois suivant. Rebelote en 2015 ? La baisse de 1,5% en octobre ne le laisse pas présager, mais l’appréciation des prix pourrait simplement avoir été repoussée aux mois de novembre et décembre.

Des taxes, encore des taxes ?

Tous les ans, c’est l’incertitude qui pèse sur la facture de gaz et d’électricité : quelle nouvelle taxe va saler un peu plus la note ? Les gouvernements ont en effet pris la (mauvaise ?) habitude de compenser certains investissements énergétiques par une taxation des tarifs de plus en plus lourde, comme c’est le cas pour les énergies renouvelables et la Contribution au service public de l’électricité (CSPE). Les augmentations de cette dernière depuis 2010 ont plombé le prix de l’électricité. Selon une information du Journal du Dimanche, les pouvoirs publics plancheraient sur une nouvelle répartition de la taxe : elle serait réduite pour l’électricité, abaissant la facture de 10%. Le manque à gagner serait récupéré sur le diesel, l’essence… et le gaz de ville. Un projet actuellement discuté dans le cadre de la loi de finances 2016. Une évolution qui augmenterait encore un peu plus le poids des taxes sur le gaz. En avril 2014, la TICGN – qui ne pesait jusqu’alors que sur les factures des professionnels – avait été étendue aux factures de gaz des particuliers. Depuis, son taux a déjà doublé (de 1,27€/MWh, il était passé à 2,64 €MWh le 1er janvier 2015). Il est par ailleurs déjà prévu que la TICGN voie son taux porté à 4,01 €/MWh dès le 1er janvier prochain.

El Nino, quand la météo fait monter les prix

Son nom fait trembler tout l’hémisphère sud. El Nino est un phénomène météorologique qui frappe essentiellement le sud de l’équateur terrestre dans l’océan Pacifique, tous les cinq à dix ans. Il se déclenche généralement peu après Noël, d’où son nom évoquant l’Enfant Jésus. Extrêmement violente, cette anomalie provoque à la fois des sécheresses terribles et des pluies diluviennes sur une zone allant du Sahara à l’Amérique du Sud en passant par le sud des États-Unis. Ces catastrophes naturelles s’accompagnent généralement de famines, inondations, épidémies, troubles politiques, conflits armés, etc.

La hausse des températures qui caractérise El Nino engendre une augmentation de la demande en hydrocarbures. En effet, les centrales thermiques on un rendement plus faible par forte chaleur, elles consomment alors davantage de combustible pour produire la même quantité d’énergie. L’agriculture nécessite des cycles d’irrigation plus fréquents, soutenant également la demande en combustible. Un ensemble de facteurs qui tirent les prix du pétrole et du gaz vers le haut, selon le quotidien Les Echos.

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Manque de chance pour le portefeuille du consommateur : El Nino est prévu pour cet hiver. Selon les prévisionnistes, il sera le plus violent épisode météorologique qu’ait connu le monde depuis 1950.


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