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Les pays producteurs de pétrole s'organisent pour faire remonter les prix

Publié le par Emmeline Guiragossian dans Actualité pétrole
petrole accord

Vitchanan Photography / Shutterstock

Après deux mois de chute, les pays producteurs de pétrole tentent de trouver des solutions pour relever les prix du marché et limiter la surabondance de l’offre.

Le pétrole passe de 40 dollars le baril début août à 50 dollars

Alors que le pétrole évolue à la hausse depuis le début de l’année, le cours a subitement chuté en fin juin, influencé par le Brexit. En effet, le vote favorable des Britanniques pour une sortie de l’Union européenne a provoqué des tensions sur les marchés. La livre sterling a alors chuté au profit du dollar, ralentissant les achats de pétrole des investisseurs munis d’une autre devise, le pétrole étant libellé en dollar

Notre article sur les conséquences du Brexit sur les prix du fioul.

Les cours du pétrole ont repris en vigueur la première quinzaine d’août, augmentant de 20% au cours du mois. Le baril de Brent (pétrole de référence en Europe) est passé en effet de 40 dollars à 50 dollars sur la période.

Les pays producteurs de pétrole se réunissent pour soutenir les prix

Face à la chute des prix depuis fin juin, les pays producteurs de pétrole (OPEP) ont décidé de se réunir fin septembre à Alger pour une réunion informelle, en marge du 15ème Forum international de l’énergie organisé du 26 au 28 septembre. L’objectif est de discuter des solutions pour soutenir les cours du pétrole et limiter la surabondance de l’offre.

Il faut savoir que l’offre surabondante, provoquant une baisse des prix du pétrole, met en difficulté plusieurs pays membres du cartel, comme le Venezuela ou encore le Nigeria, dont les exportations de pétrole constituent deux tiers des recettes de l’Etat.

La Russie, qui n’est pas membre de l’OPEP, souhaite par ailleurs participer au soutien des cours et pourrait participer à la réunion de septembre. Si la présence de la Russie à cette réunion n’est pas certaine, le pays compte bien agir pour relever les prix du marché, en discutant avec l’Arabie Saoudite des solutions, comme un gel de la production.

Par ailleurs, une autre réunion de l’OPEP aura lieu fin octobre à Vienne et la Russie souhaite aussi y participer.

La hausse des cours du pétrole va-t-elle durer ?

Malgré la volonté des pays à soutenir les prix, les analystes restent prudents. En effet, la dernière réunion de l’OPEP en juin n’avait abouti sur aucun accord car l’Iran souhaitait au contraire augmenter sa production suite à la levée des sanctions sur le nucléaire. L’Arabie Saoudite et la Russie étaient alors revenues sur leur décision d’un gel de leur production, estimant que cet effort devait se faire unanimement, en particulier avec l’Iran.

Même si le pétrole a chuté entre fin juin et début août, le cours a augmenté de 35% depuis début 2016. Le rééquilibrage des cours semble bien parti mais selon les analystes il faudra attendre 2017 pour que la différence entre l’offre et la demande se réduise vraiment. L’offre reste en effet bien plus importante que la demande.

Pour l’OPEP, la demande de pétrole pourrait augmenter aux 3ème et 4ème trimestres 2016, grâce à un rebond économique dans les principaux pays consommateurs. Le cartel estime par ailleurs que la chute des prix n’était que temporaire, avec des facteurs conjoncturels comme l’annonce du Brexit et la hausse du dollar face à la livre sterling.

Ole Hansen, analyste chez Saxo Capital Markets mise toutefois sur une variation des cours entre 45 et 50 dollars le baril cette année, pas plus.


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