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Prix du fioul au plus bas depuis plus de 2 ans : quelle évolution ?

Publié le par Emmeline Guiragossian dans Toute l'actualité du Fioul
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Crédit photo : Shutterstock / LadyPhotos

Le cours du pétrole déjà fortement perturbé depuis le début de l’année en raison de la propagation du coronavirus s’est effondré suite à l’échec d’accord entre l’OPEP et la Russie. Retour sur les événements qui ont influencé le prix du fioul ces derniers mois et la tendance à venir.

Un marché déjà affaibli par la propagation du coronavirus

Le cours du pétrole évolue à la baisse depuis le début de l’année en raison des conséquences de la propagation du coronavirus, ou COVID-19 sur la demande chinoise et l’économie mondiale.

Le coronavirus qui est apparu en Chine, a d’abord eu de fortes répercussions sur le marché, du fait que le pays est le premier consommateur de pétrole. En effet, la demande quasi inexistante de pétrole dans le pays depuis le début de l’année a fait plonger les prix. De nombreux secteurs sont touchés comme le tourisme, ou encore le commerce. Depuis le mois de février toute l’économie mondiale tourne au ralenti suite à la propagation du virus en dehors de Chine.

La fin de l’accord OPEP+ et la guerre des prix lancée par l’Arabie Saoudite

Pour rappeler le contexte, l’OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole) et dix partenaires dont la Russie, avaient signé un accord de limitation de production de pétrole en 2016 afin de soutenir les cours face à une demande trop faible par rapport à une offre surabondante. Alors que cet accord avait été plusieurs fois prolongé, le dernier en date se terminera en fin mars. La dernière réunion de cette alliance appelée OPEP+ a eu lieu début mars à Vienne. En raison de la chute de la demande provoquée par la propagation du coronavirus, les pays devaient discuter d’un prolongement de l’accord actuel et d’une nouvelle réduction de leur production, de 1,5 millions de barils par jour. Mais l’OPEP+ n’est pas parvenu à se mettre d’accord. En effet, malgré la tentative de l’Arabie Saoudite de convaincre la Russie, le pays a refusé de diminuer encore plus ses quotas craignant de perdre des parts de marché et dans le but de concurrencer le pétrole de schiste américain.

Suite à cet échec, l’Arabie Saoudite a alors décidé de baisser ses prix, sa plus importante réduction depuis 20 ans, et d’augmenter sa production à partir d’avril, ce qui a provoqué une chute du cours du pétrole, qui a atteint 35 dollars le baril, ainsi qu’un krak boursier le 9 mars. Une telle situation n’avait pas eu lieu depuis la Guerre du Golfe en 1991 ! En lançant une guerre des prix l’Arabie Saoudite espère faire revenir la Russie, deuxième producteur mondial, dans l’accord. Mais le pari est risqué ! Par ailleurs un prix du pétrole aussi bas met en grande difficulté des pays comme l’Algérie, le Nigeria, l’Angola ou encore l’Irak.

Evolution pour les prochains mois et conséquences sur le prix du fioul

La guerre des prix déclarée par l’Arabie Saoudite signifie la fin de l’accord de l’OPEP+. La compagnie nationale saoudienne Aramco a en effet annoncé envisager d’augmenter sa capacité de production de pétrole en avril d’un million de barils par jour (mbj) pour arriver à 13 mbj, soit 3 mbj de plus que ce que produit l’Arabie Saoudite actuellement. Les Emirats arabes unis se disent prêts à faire de même. Dans ce contexte, le cours du pétrole devrait donc rester bas pendant plusieurs semaines voire mois, potentiellement sous la barre des 50 dollars le baril.

Le marché devrait reprendre des couleurs lorsque la crise autour du coronavirus, ou COVID-19, se calmera. Cela devrait cependant être long, le temps que l’activité reprenne et que la demande augmente. Pour le moment, les pays prennent des mesures de plus en plus drastiques, toutes les activités sont donc au ralenti pour au moins un mois. Le prix pourrait aussi repartir à la hausse si la Russie revenait sur sa décision en réintégrant l’OPEP+ et en décidant de diminuer davantage sa production, comme l’Arabie Saoudite le demande.

Pour rappel, le fioul ne chute pas autant que le cours du pétrole car la composition du prix du fioul est à 50% le pétrole brut, mais il faut aussi compter les coûts de raffinages, de distribution, ainsi que les taxes (TICPE + TVA) qui représentent 30% du prix du fioul. Le prix du fioul devrait donc suivre la même tendance que le cours du pétrole et rester bas, sauf autre événement qui influerait les cours.


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