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Le fioul selon Nicolas Hulot : quel bilan et quelle suite après sa démission ?

Publié le par Emmeline Guiragossian dans Toute l'actualité du Fioul

Crédit photo : flickr / N4than!el

A la surprise générale, Nicolas Hulot a annoncé sa démission en tant que ministre de la Transition écologique et solidaire mardi 28 août au micro de France Inter, sans en avoir averti le gouvernement en amont. Ce mardi 4 septembre, le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a été nommé comme remplaçant. Retour sur le bilan de Nicolas Hulot et ce qui attend les foyers chauffés au fioul avec le nouveau ministre.

Déçu, Nicolas Hulot quitte le gouvernement

Nicolas Hulot a décidé de quitter ses fonctions de ministre, estimant que l’écologie n’est pas la priorité du gouvernement : «  »Je ne veux plus me mentir […] je prends la décision de quitter le gouvernement. […] J’ai un peu d’influence, je n’ai pas de pouvoir ». Malgré plusieurs avancées comme le lancement du plan hydrogène ou encore les mesures de simplification pour développer l’éolien, le solaire et la méthanisation, son mandat a été entaché selon lui par une suite de compromis de projets qui lui tenaient particulièrement à cœur.

Pour le moment seule la fermeture de deux réacteurs de la centrale de Fessenheim est actée, une avancée jugée trop lente et pas assez concrète pour Nicolas Hulot. Il a par ailleurs précisé que la baisse du nucléaire à 50% ne sera pas atteinte en 2025.

Le chèque énergie : une avancée pour le fioul

Le chèque énergie a été généralisé en janvier 2018 pour toute la France après deux ans de tests dans quatre départements.

Cette aide est une véritable avancée pour les foyers chauffés au fioul car c’est la première fois que le fioul bénéficie d’une aide. En effet, les tarifs sociaux de l’énergie, remplacés par le chèque énergie, concernaient le gaz et l’électricité mais pas le fioul domestique.

Des décisions contestables et des échecs

Une transition énergétique punitive

La transition énergétique a tendance a être punitive pour les personnes utilisant des énergies fossiles comme le fioul domestique pour se chauffer. En effet au lieu d’inciter positivement ces personnes à changer d’énergie ou à isoler leur logement par des aides importantes le gouvernement augmente la taxe carbone.

Nicolas Hulot a en effet réussi à inscrire la hausse de la taxe carbone dans la loi de finances 2018. La TICPE sur le fioul a alors augmenté de 45 euros pour 1000 litres le 1er janvier et la hausse de la taxe va se poursuivre.

Les limites du chèque énergie

Pour nuancer la hausse de la taxe carbone, le gouvernement a décidé d’aider les Français chauffés au fioul à payer leur énergie de chauffage.

Cependant, l’aide concerne 4 millions de foyers, toutes énergies comprises et elle reste limitée qu’à des foyers très modestes. En effet, le revenu fiscal doit être inférieur à 7 700 euros par an. De plus, le montant n’est que de 150 euros. Quand on sait que le prix du fioul avoisine actuellement les 900 euros les 1000 litres, le chèque énergie donne un petit coup de pouce aux foyers bénéficiaires, sans toutefois les aider véritablement.

L’hiver sera donc rude pour de nombreuses personnes qui ne bénéficient d’aucune aide et qui subissent les taxes.

La suppression du CITE pour les chaudières fioul et fênetres/portes

Par ailleurs, le gouvernement a décidé que depuis cette année les chaudières fioul ainsi que les portes et fenêtres ne sont plus concernées par l’aide du CITE.

Pour ces dernières, le gouvernement estime que ces travaux ne sont pas les plus efficaces en terme d’isolation. Une décision qui reste contestable car, étant donné le coût des travaux de rénovation énergétique, les fenêtres étaient le premier poste d’investissement : notamment avec l’installation de double-vitrages. En retirant cette aide, les dirigeants ne se mettent pas à la place des foyers qui n’ont pas les moyens de réaliser de gros travaux, malgré les aides existantes.

A quoi s’attendre avec le prochain ministre ?

Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire vient d’être nommé ce mardi 4 septembre, il s’agit de François de Rugy, président de l’Assemblée nationale. « Le Conseil des ministres se tiendra mercredi [5 septembre] au complet et sera suivi d’un séminaire gouvernemental » a annoncé Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

Le futur ministre de l’Ecologie sera attendu sur la transition énergétique, le plan de rénovation énergétique des bâtiments, ou encore le nucléaire. Le porte-parole du gouvernement a promis que l’exécutif « poursuivrait ce qui a été fait dans [le domaine de l’écologie], ce qui a été engagé ». Le premier ministre Edouard Philippe a aussi confirmé : « la transformation écologique est là, elle s’impose à tous. Nous ne changerons pas de cap. »

Cependant, de nombreuses questions restent en suspens, notamment avec le passage au prélèvement à la source en janvier 2019. Si l’on en sait plus sur les démarches effectuées pour le CITE, celles sur le chèque énergie sont floues.


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