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Accord historique de l’OPEP+ : la chute du prix du fioul est-elle terminée ?

Publié le par Emmeline Guiragossian dans Actualité pétrole
Mis à jour le
accord pays producteurs de pétrole

Crédit photo : Shutterstock / Vitchanan Photography

Les pays exportateurs de pétrole et leurs partenaires se sont accordés sur une baisse de leur production afin de soutenir le marché face à l’effondrement de la demande dû à la crise sanitaire du Covid-19 et la guerre des prix déclarée entre l’Arabie Saoudite et la Russie. Retour sur cet accord historique et les conséquences sur l’évolution du prix du fioul.

Rappel de la situation

Les pays membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ainsi que dix partenaires, dont la Russie, s’étaient accordés depuis 2017 pour diminuer leur production afin de soutenir les prix de l’or noir. Mais suite au refus de la Russie de prolonger l’accord en mars et réduire davantage sa production, l’Arabie Saoudite s’est alors lancée dans une véritable guerre des prix tout en augmentant sa production de 35% au mois de mars.

Face à l’accentuation de la crise sanitaire du Covid-19 avec près de la moitié de la population mondiale en confinement et de multiples secteurs à l’arrêt la demande de pétrole s’est effondrée et la crise de l’offre pétrolière menaçait des milliers d’emplois dans le secteur énergétique. Les Etats-Unis ont donc poussé l’Arabie Saoudite et la Russie à revoir leur position.

Une baisse de production graduée

L’OPEP+ (OPEP et ses partenaires) s’est donc réuni jeudi 9 avril et les pays se sont mis d’accord pour baisser leur production. Le Mexique était cependant le seul pays a être en désaccord. Un accord unanime a finalement été conclu le dimanche 12 avril. Les pays de l’OPEP+ ont donc décidé de baisser de 9,7 millions de barils par jour (mbj) leur production en mai et juin, soit près de 10% de la demande mondiale. L’OPEP prévoit de continuer à poursuivre ses efforts mais en les réduisant, en passant à une diminution de 7,7 millions de barils par jour au second semestre 2020 puis à 5,8 mbj jusqu’en mai 2022.

Les Etats-Unis ont néanmoins déclaré que la baisse de production devrait être de 20 millions de barils par jour, plutôt que les 10 millions de barils annoncés. Tout d’abord, l’Arabie Saoudite ainsi que d’autres pays du Golf devraient baisser davantage leur production, ce qui conduirait à une diminution plus proche de 12,5 mbj plutôt que 9,7 mbj. De plus, certains pays producteurs de pétrole du G20, hors OPEP+, prévoient de baisser leur production de 3,7 millions de barils par jour.

Un accord suffisant ?

Les analystes craignent que la baisse de production ne soit pas suffisante pour combler la demande de pétrole qui est au plus bas, d’autant plus que l’OPEP+ compte réduire son effort de baisse de production de pétrole à partir de juillet. Par ailleurs la diminution de production représente 10% de la demande mondiale, alors que cette dernière a enregistré un plongeon de 20 à 30%.

De plus, les stocks de pétrole ont fortement augmenté en Arabie Saoudite suite à leur décision en mars d’augmenter leur production. Les stocks de pétrole de schiste aux Etats-Unis continuent aussi à augmenter, à tel point que les capacités de stockage commencent à être atteintes. Certains pays envisagent alors d’augmenter le niveau de leur réserves stratégiques afin d’aider les producteurs du pays à disposer d’un stockage.

Enfin si la crise sanitaire se calme, l’économie reprendra progressivement mais certains secteurs notamment les vols internationaux devraient rester limités. Malgré l’accord historique des pays exportateurs de pétrole, les analystes envisagent un prix d’équilibre autour de 40 dollars le baril, loin donc des 60 dollars que l’on connaissait en début d’année. Les cours pourraient donc arrêter de chuter mais devraient rester bas.

Quelles conséquences sur le prix du fioul ?

Le fioul devrait globalement suivre l’évolution du cours du pétrole. Les commandes à partir du printemps devraient être plus opportunistes : de nombreux foyers pourraient profiter du prix du fioul actuellement au plus bas depuis 3 ans pour remplir leur cuve en anticipation de la prochaine saison de chauffe. Les volumes commandés pourraient donc être plus importants. Si la forte demande jusqu’en avril liée à la météo nuançait la chute du prix, celle-ci pourrait potentiellement rester soutenue.

Le prix du fioul pourrait donc dans un premier temps continuer à baisser, avant de se stabiliser dans un second temps. Il est peu probable que le prix augmente fortement, sauf si l’économie mondiale reprend de manière significative.


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